À 5h du matin, une tâche se déclenche sur mon ordinateur. Elle lance Claude Code sans interface, lui demande de traiter tout ce que j'ai jeté dans ma boîte d'entrée la veille, et d'écrire un compte rendu de ce qu'il a fait. Quand j'ouvre mon vault le matin, le rangement est fait et le récap m'attend.
Ce n'est pas un montage compliqué. C'est surtout un montage qui m'a demandé plusieurs essais ratés avant de tenir. Voici les deux.
Le montage tient en trois pièces :
- Une tâche planifiée (Planificateur de tâches sur Windows, launchd ou cron sur Mac) réglée sur 5h.
- Une commande qui lance Claude Code en mode sans interface, avec une consigne en clair.
- Un fichier CLAUDE.md à la racine du vault, qui contient les règles de rangement.
La commande ressemble à ceci :
claude -p "Traite le dossier 00-Inbox selon les règles de CLAUDE.md. Écris ensuite dans 99-Recaps/ un fichier daté qui liste ce que tu as rangé, ce que tu as laissé en attente et pourquoi."
Le reste des instructions ne vit pas dans la commande, mais dans le CLAUDE.md. C'est volontaire : une commande courte se débogue, une commande de vingt lignes devient illisible.
Le fichier du matin fait une dizaine de lignes. Il liste :
- Ce qui a été rangé, et dans quel dossier.
- Ce qui est resté en attente, avec la raison.
- Les liens créés entre notes nouvelles et notes existantes.
La deuxième ligne est la plus utile, et c'est celle à laquelle je ne m'attendais pas. Une note laissée en attente avec « je ne comprends pas de quoi il s'agit » me dit surtout que j'ai capturé quelque chose sans contexte. Ça m'a fait changer ma façon de jeter : deux mots de contexte au moment de la capture évitent une note morte.
Je préfère être franc sur cette partie, parce que c'est là que ça bloque et que les tutoriels s'arrêtent en général juste avant.
Les chemins relatifs. Une tâche planifiée ne démarre pas dans le dossier que vous croyez. Tant que les chemins n'étaient pas absolus, la tâche se lançait, ne trouvait rien, et se terminait « avec succès ». Le pire des échecs : silencieux.
La session expirée. Un agent qui tourne sans personne devant l'écran ne peut pas se reconnecter tout seul. Une session expirée, et le récap ne vient plus. Depuis, je considère l'absence de récap comme un signal, au même titre qu'un récap vide.
Les permissions d'écriture. En mode sans interface, il n'y a personne pour valider une demande d'autorisation. Si l'agent doit demander la permission d'écrire, il attend indéfiniment. Il faut donc l'autoriser explicitement en amont, sur le périmètre défini et pas au-delà.
Ces trois points expliquent pourquoi je conseille de commencer en manuel. Faites tourner le rangement à la main pendant une semaine. Quand le résultat vous convient, automatisez. Automatiser un rangement dont vous n'êtes pas satisfait ne fait que produire du désordre plus vite.
Le bénéfice n'est pas le temps gagné : ranger dix notes prend un quart d'heure par semaine, ce n'est pas là que ça se joue.
Le vrai bénéfice, c'est que je ne fais plus l'arbitrage. Avant, chaque capture posait une question implicite : est-ce que je prends le temps de ranger ça maintenant, ou est-ce que je le perds ? La plupart du temps, je le perdais. Aujourd'hui je dépose, et le classement arrive sans moi.
Et un effet auquel je ne m'attendais pas : lire le récap le matin me fait relire mes propres notes. Une revue de deux minutes que je n'aurais jamais faite spontanément.
Tout est expliqué gratuitement dans le guide complet, et le fichier de règles est détaillé dans l'article sur CLAUDE.md. Et si c'est pour votre entreprise, le même principe donne un second cerveau d'entreprise, tenu à jour par la même routine : je vous aide à le monter, pendant la formation IA ou après.