Oui, un avocat peut avoir un site internet et y présenter ses services, à condition de respecter l'article 10 du règlement intérieur national de la profession (RIN) : une information sincère, aucune mention comparative ou dénigrante, et un site déclaré à son Ordre. Le cadre est plus clair qu'il n'en a l'air : la publicité est permise depuis la loi du 17 mars 2014 et le décret n° 2014-1251 du 28 octobre 2014, et beaucoup de confrères hésitent encore par peur de la faute disciplinaire. Cet article s'appuie sur le RIN dans sa version consolidée au 18 février 2026, publiée par le Conseil national des barreaux (CNB). Il ne remplace pas l'avis de votre Ordre, qui reste l'interlocuteur en cas de doute.
Le point de départ est favorable : la publicité et la sollicitation personnalisée sont permises, si elles donnent une information sincère sur la nature des prestations de services proposées et si elles respectent les principes essentiels de la profession (art. 10.3). Un site vitrine, une page par domaine d'activité, un article de blog qui explique une procédure : tout cela entre dans ce cadre.
Les mentions qui doivent figurer
Toute communication doit permettre d'identifier, de localiser et de joindre l'avocat, et indiquer son barreau d'appartenance et sa structure d'exercice (art. 10.2). Concrètement, votre site affiche votre nom (ou celui du cabinet), votre adresse, un moyen de contact, le barreau auquel vous appartenez et la forme sous laquelle vous exercez. Ces informations ne se cachent pas dans une page oubliée : elles doivent se trouver sans effort.
Les domaines d'activités
Vous pouvez présenter vos domaines d'activités, mais avec une limite : un avocat affiche au plus trois domaines d'activités dominantes, issus d'une pratique effective et habituelle (art. 10.2). Le site ne sert donc pas à lister tout ce que vous savez faire en théorie, mais ce que vous pratiquez réellement.
La sollicitation personnalisée
Écrire à un prospect identifié est possible, mais encadré. Elle exclut toute démarche physique ou téléphonique et tout SMS, et elle précise les modalités de détermination du coût de la prestation, qui feront l'objet d'une convention d'honoraires (art. 10.3). Cela concerne vos envois, pas la simple page de présentation de votre site, mais l'esprit est le même : transparence sur la façon dont vous facturez.
Les interdictions tiennent en quelques lignes, mais elles piègent souvent des sites écrits comme ceux d'une entreprise classique.
- La publicité mensongère ou trompeuse (art. 10.2). Une promesse de résultat, une ancienneté gonflée ou une compétence non pratiquée entrent dans cette catégorie.
- Toute mention comparative ou dénigrante (art. 10.2). Pas de « le meilleur cabinet de la ville », pas de comparaison avec des confrères.
- La référence à des fonctions sans lien avec la profession (art. 10.2).
- Le mot « spécialiste » et ses dérivés : seuls les titulaires d'un certificat de spécialisation peuvent écrire « spécialiste », « spécialisé », « spécialité » ou « spécialisation » (art. 10.2). Sans certificat, écrivez « domaines d'intervention » ou « activités dominantes ».
- Les bannières publicitaires autres que celles de la profession, et les liens vers un contenu contraire aux principes essentiels (art. 10.5).
Le piège le plus courant est le copier-coller des formules de marketing : « expert en droit des affaires », « spécialiste du divorce ». Sur le site d'un avocat, chaque adjectif se relit comme une affirmation soumise à la déontologie.
Récapitulatif : permis, interdit, article du RIN
| Sujet | Permis | Interdit | Article du RIN |
|---|
| Publicité et sollicitation | Information sincère sur la nature des prestations, dans le respect des principes essentiels | Information qui ne serait pas sincère | 10.3 |
| Sollicitation personnalisée | Courrier ou message précisant les modalités de détermination du coût (convention d'honoraires) | Démarche physique ou téléphonique, SMS | 10.3 |
| Identification | Nom, localisation, moyen de contact, barreau, structure d'exercice | Une communication qui ne permet pas de vous identifier, localiser ou joindre | 10.2 |
| Ton et contenu | Présentation factuelle | Publicité mensongère ou trompeuse, mention comparative ou dénigrante, fonctions sans lien avec la profession | 10.2 |
| Spécialisation | « Spécialiste » pour les titulaires d'un certificat de spécialisation | « Spécialiste », « spécialisé », « spécialité », « spécialisation » sans certificat | 10.2 |
| Domaines d'activités | Au plus trois domaines d'activités dominantes, issus d'une pratique effective et habituelle | Une liste plus large ou sans pratique réelle | 10.2 |
| Nom de domaine | Nom de l'avocat ou du cabinet, éventuellement avec « avocat » | Nom évoquant de façon générique le titre d'avocat, un domaine du droit ou une activité d'avocat | 10.5 |
| Contenus externes | Bannières de la profession | Autres bannières publicitaires, liens vers un contenu contraire aux principes essentiels | 10.5 |
| Déclaration | Information sans délai du conseil de l'Ordre | Ouvrir ou modifier substantiellement un site sans le déclarer | 10.5 |
C'est souvent la première décision, et la plus difficile à rattraper. Le nom de domaine comporte le nom de l'avocat ou du cabinet, éventuellement avec le mot « avocat ». Un nom évoquant de façon générique le titre d'avocat, un domaine du droit ou une activité d'avocat est interdit (art. 10.5).
L'exemple type : « avocat-divorce-ville ». Ce nom ne contient ni le nom de l'avocat ni celui du cabinet, et il évoque en plus un domaine du droit. Il ne respecte donc aucune des deux règles (art. 10.5). Les noms de ce style sont pourtant ceux que l'on achète par réflexe, pour des raisons de référencement.
Ce qui passe : le nom de famille, le nom du cabinet, avec ou sans « avocat ». Vous pouvez réserver votre nom chez un registraire français comme OVHcloud ou Scaleway, en pensant à enregistrer aussi les variantes proches pour qu'un tiers ne les prenne pas. Chaque nom de domaine devra ensuite être communiqué à l'Ordre, comme nous le voyons ci-dessous.
L'avocat qui ouvre ou modifie substantiellement un site en informe sans délai le conseil de l'Ordre et lui communique ses noms de domaine (art. 10.5). Deux points à retenir :
- La déclaration précède la mise en ligne dans l'esprit de la règle : « sans délai » ne laisse pas de marge pour attendre.
- Elle revient à l'avocat. Aucun prestataire ne peut déclarer à votre place, c'est votre obligation personnelle.
Une refonte qui change la structure, les domaines présentés ou le nom de domaine est une modification substantielle. Une correction de coquille ou l'ajout d'un article de blog ne l'est probablement pas, mais en cas de doute demandez à votre Ordre où il place la limite. Gardez une trace de votre déclaration (courrier ou courriel daté).
Si vous voulez que votre site soit prêt à être déclaré sans stress, réservez un échange de 15 minutes : nous regardons ensemble le nom de domaine et les pages à prévoir avant de produire quoi que ce soit.
Un site d'avocat efficace n'a pas besoin d'enfreindre quoi que ce soit : il doit être clair, factuel et facile à trouver. Voici les briques utiles.
Une présentation factuelle
Votre parcours, votre cabinet, votre barreau, votre structure d'exercice, votre adresse : des faits vérifiables, sans superlatifs. Les termes que nous déconseillons : « leader », « meilleur », « numéro un », « le plus expérimenté ». Ils sont exposés au risque de publicité trompeuse ou comparative (art. 10.2) et ne rassurent pas un lecteur qui cherche surtout à savoir si vous traitez son type de dossier.
Vos domaines d'activités, au plus trois
Une page par domaine, rédigée comme une explication : à qui vous vous adressez, quels types de situations vous traitez, comment se déroule un dossier. Contraignant, mais bénéfique : cette limite oblige à clarifier votre positionnement, ce qui aide aussi le lecteur. Rappelons que ces domaines doivent venir d'une pratique effective et habituelle (art. 10.2) et que le mot « spécialisation » reste réservé aux titulaires du certificat.
Les honoraires présentés par leurs modalités
Vous n'êtes pas obligé d'afficher une grille tarifaire, mais expliquer comment vos honoraires se déterminent (temps passé, forfait, convention d'honoraires) rassure et colle à l'esprit de l'article 10.3, qui parle de modalités de détermination du coût. Une signature électronique via Yousign peut simplifier l'envoi de la convention une fois le premier échange passé. Faites valider la formulation auprès de votre Ordre si vous hésitez.
Un formulaire de contact simple
Le visiteur a une situation précise et souvent urgente. Un formulaire court (nom, coordonnées, objet de la demande), un numéro de téléphone visible et l'adresse du cabinet suffisent. Pensez à une mention d'information sur les données personnelles à côté du formulaire : vous traitez des informations sensibles, la confidentialité doit être explicite dès cette page. Notre article sur les mentions légales et le RGPD d'un site détaille les bases.
Être trouvé sur Google localement
Un client cherche rarement « avocat » seul : il cherche un avocat proche de chez lui, pour un sujet précis. Trois leviers à votre portée :
- une fiche Google Business Profile exacte (adresse, horaires, téléphone, site), cohérente avec ce que votre site affiche ;
- des pages par domaine d'activité qui mentionnent naturellement votre ville et vos tribunaux de rattachement ;
- un site rapide, lisible sur mobile, avec des titres clairs.
Nous développons cette logique dans notre guide du référencement local. Attention : la question des avis clients et des témoignages n'est pas traitée dans les règles citées ici, et demande une vérification auprès de votre Ordre avant tout affichage sur le site ou sur la fiche Google.
- Un nom de domaine acheté pour le référencement et non pour sa conformité (art. 10.5).
- Le mot « spécialiste » glissé dans un titre de page par habitude.
- Des bannières ou des liens sortants vers des annuaires ou des sites dont le contenu n'est pas maîtrisé (art. 10.5).
- Un site refait sans prévenir l'Ordre parce que la refonte paraissait mineure.
- Plus de trois domaines affichés pour « ratisser large » (art. 10.2).
Autre point de vigilance : un site rédigé à la hâte par un outil de génération de texte reprend souvent le ton publicitaire du web généraliste. Relisez chaque phrase avec le RIN à portée de main.
Trois actions concrètes avant de lancer quoi que ce soit :
- Fixez votre nom de domaine : votre nom ou celui du cabinet, avec ou sans « avocat », et rien de générique.
- Choisissez vos domaines d'activités (trois au plus) en vous limitant à votre pratique réelle, et relisez chaque mot en cherchant « spécialiste », les comparaisons et les superlatifs.
- Préparez la déclaration à votre conseil de l'Ordre avec la liste de vos noms de domaine, dès que le site est prêt. Notre page dédiée aux avocats est ici : site internet pour avocat.
Nous concevons le site et préparons les mentions, les noms de domaine à envisager et les textes à valider. La validation des textes et la déclaration à l'Ordre reviennent à l'avocat : nous ne les faisons pas à votre place et nous ne promettons aucune garantie de conformité. Notre site vitrine de 5 pages démarre à 490 € HT, livré en 7 jours à partir des photos et des textes validés par vos soins ; au-delà (réservation de rendez-vous, multilingue), le devis est fixe après un échange. Maquette offerte : vous voyez votre site avant de payer quoi que ce soit. Le paiement se fait à 50 % à la signature du devis et 50 % à la livraison. L'hébergement est inclus la première année, puis 5 € HT par mois, ou compris dans le Pack Sérénité à 49 € HT par mois (hébergement, mises à jour, sauvegardes et modifications faites par Kamal sous 48 heures ouvrées, 1 h de modifications de contenu par mois, non reportable ; service optionnel, sans engagement minimum, résiliable par email avec un préavis de 30 jours).
Parlons de votre cabinet pendant 15 minutes : vous réservez en ligne, le devis fixe suit, et nous vous accompagnons dans le Gard, en Occitanie et partout en France.
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